Sefer Berechit, Genèse
Noah  
Lekh lekha 
Va-Yéra  
Hayyé Sarah
Toledot
Va-Yétsé
Va-Yichlah
Va-Yéchev
Mi-Qets
Va-Yiggach
Va-Yehi
Sefer Chemot, Exode
Chemot
Va-Era
Bo
Be-Challah
Yitro
Michpatim
Teroumah
Tetsaveh
Ki tissa
Va-Yaqhel
Peqoudé
Sefer Va-Yikra, Lévitique
Va-Yiqra
Tsav
Chemini
Tazria
Metsora
Aharé mot
Qedochim
Emor
Be-Har
Be-Houqqotaï
Sefer Be-Midbar, Nombres
Be-Midbar
Naso
Be-Haalotekha
Chelah lekha
Qorah
Houqqat
Balaq
Pinhas
Mattot
Masé
Sefer Devarim, Deutéronome
Devarim
Va-Ethannan
Eqev
Reeh
Chofetim
Ki tétsé
Ki tavo
Nitsavim
Va-Yélekh
Haazinou
Ve-Zot ha berakha

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Paracha de la semaine פרשת השבוע 

וַיִּקְרָא

Va-Yiqra

 

Lévitique 1-5 fin

Haftarah : Isaïe 43 :21- 44 :23 : La vanité des idoles

 

LEternel appela, va-yiqra,  וַיִּקְרָא Moshé, et lui parla, de la tente d’assignation, disant, Lévitique 1:1

 

Genèse nous annonçait la Création du monde et du peuple juif. En Exode, le peuple est délivré et se constitue en nation en recevant la Thora. Un Tabernacle est construit, nous révélant la volonté divine. Le troisième livre de Lévitique va maintenant nous parler de la sainteté requise pour abriter Sa présence.

Moshé est appelé par D.ieu pour commencer à enseigner aux Bné Israël les lois complexes et mystérieuses des sacrifices. Ces sacrifices occupent une place prépondérante dans le culte rendu à D.ieu. Il était recommandé, dans la tradition juive, de commencer l’enseignement de la Thora aux enfants par le livre de Lévitique car la pureté et la sainteté qui s’en dégagent produisent un effet bénéfique sur leurs jeunes âmes.

Le mot sacrifice en hébreu, qorban, קָרְבָּן vient de la racine, qarov קרב qui signifie « être proche ». Le sacrifice établit un rapprochement entre D.ieu et l’homme et une réconciliation :

Beaucoup plutôt donc, ayant été maintenant justifiés par son sang, serons–nous sauvés de la colère par lui. Car si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés, serons–nous sauvés par sa vie. Romains 5:9-10

Nous allons un peu étudier les différents sacrifices dont il est question dans notre Paracha.

L’holocauste, olah, עֹלָה de la racine signifiant «élever ». C’est une offrande volontaire offerte quand un péché a été commis en pensée ou involontairement. Selon les moyens financiers le sacrifice pouvait être celui d’un bœuf, d’un agneau, d’une chèvre, d’une tourterelle ou d’un pigeon. Le plus pauvre pouvait offrir à la place des animaux, une offrande de farine, appelée min’ha.

Ce sacrifice de olah est mentionné le premier car il est supérieur à tous les autres, la racine du mot « élevé » le précise. D’autre part c’est un sacrifice entièrement consumé par le feu (1 :9) en raison de la contamination provoquée par les péchés commis en pensée qui exigent un déracinement total.

Yéchoua insistera particulièrement sur la pureté de nos pensées :

    Vous avez ouï qu’il a été dit, Tu ne commettras pas adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son coeur. Matthieu 5:27-28

Le lieu de crucifixion de Yéchoua s’appelait Golgotha, goulgolet en hébreu. Il signifie le crâne, le siège des pensées.

Il a toujours était dans l’intention de D.ieu de nous donner la victoire sur nos pensées :

Car, en marchant dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair ; car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses, détruisant les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et amenant toute pensée captive à l’obéissance du Machia’h, 2 Corinthiens 10:3-5

Cette victoire nous est donnée par la Thora, la Parole de D.ieu gravée sur les tables de chair de nos cœurs par la régénération de notre esprit :

Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du coeur. Hébreux 4:12

Mise à part l’offrande volontaire pour s’élever vers D.ieu en purifiant les pensées,  un holocauste était offert matin et soir sur l’autel, d’une bonne odeur à l’Eternel et aucune de ses parties n’était consommée par les Cohanim, ce sacrifice étant entièrement offert à D.ieu. Il rappelait le sacrifice de Yits’haq qui, prophétiquement, n’hésita pas à préfigurer Celui Qui s’offrira jusqu’à la mort pour nous donner la victoire afin que nous répandions à notre tour la douce odeur de Sa connaissance….

Le second sacrifice dont il est question dans la Paracha, parle de l’offrande du plus pauvre. Il a l’honneur d’occuper tout le second chapitre, c’est celui de l’oblation de farine, min’ha, מִנְחָה. Le min’ha est aussi un présent, un tribut et les enfants d’Israël sont comparés à un présent aux yeux de D.ieu :

  Et ils amèneront tous vos frères, d’entre toutes les nations, en offrande, min’ha מִנְחָה à l’Eternel, sur des chevaux, et sur des chars, et dans des voitures couvertes, et sur des mulets, et sur des dromadaires, à ma montagne sainte, à Jérusalem, dit l’Eternel, comme les fils d’Israël apportent l’offrande dans un vase pur à la maison de l’Eternel.

Esaïe 66:20

 

La quantité offerte correspondait à un dixième d’épha, soit 1,8 kg, quantité moyenne de consommation quotidienne. Lorsqu ‘un pauvre offrait son sacrifice, c’était sa ration de nourriture du jour qu’il offrait et c’était donc un jour de jeûne pour lui ! C’est pourquoi cette offrande occupe une place d’honneur et un chapitre entier. De plus, double honneur, c’était la même que celle offerte par le Cohen Gadol (Lévitique 6 :13 ou 20 suivant les versions) et D.ieu nous enseigne par là que la repentir et l’élévation sont accessibles à tous sans acceptation de personnes :

   Et Pierre, ouvrant la bouche, dit, En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable. Actes 10:34-35

Le troisième sacrifice est le sacrifice rémunératoire, chlamim, שְׁלָמִים. Ce mot est semblable à shalom, paix et shalem, complet, payé. C’est l’expression de gratitude, un voeu offert à D.ieu. Il est encore offert à la fin d’une période de naziréat. Ces sacrifices étaient censés apporter la paix dans le monde et devaient être consommés en famille avec des invités car il ne devait y avoir aucun reste. C’est une réjouissance qui se célèbre dans la communion :

  Et Chlomo se réveilla, et voici, c’était un songe. Et il vint à Jérusalem, et se tint devant l’arche de l’alliance de l’Eternel, et offrit des holocaustes, et offrit des sacrifices de prospérités, chlamim שְׁלָמִים, et fit un festin à tous ses serviteurs.

1 Rois 3:15

  Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin et la bonne nouvelle de la paix à ceux qui étaient près ;

 Ephésiens 2:17

  Et que la paix du Machia’h, à laquelle aussi vous avez été appelés en un seul corps, préside dans vos coeurs ; et soyez reconnaissants.

Colossiens 3:15

 

Dans le chapitre consacré au sacrifice de reconnaissance il nous est également ordonné expressément de ne jamais consommer ni sang ni graisse.

C’est un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations, vous ne mangerez aucune graisse ni aucun sang.

Lévitique 3:17

 

La graisse assoupit et endort le corps et le sang échauffe ses passions. D’autre part la Parole nous dit que dans le sang est l’âme de la créature et D.ieu nous a donné l’autorité sur le corps de l’animal pas sur son âme.

  Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, (âme, nefech) c’est–à–dire son sang ; Genèse 9:4

La peine la plus dure est réservée à ceux qui consomment le sang, celle de retranchement de l’âme, karet, כרת

  Et quiconque de la maison d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux, aura mangé de quelque sang que ce soit, je mettrai ma face contre celui qui aura mangé du sang, et je le retrancherai, hikhati הִכְרַתִּי du milieu de son peuple ; car l’âme de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme. Lévitique 17:10-11

Le Seigneur reprend encore plus loin cette interdiction engendrant des conséquences pour nos enfants :

Seulement, tiens ferme à ne pas manger le sang, car le sang est la vie ; et tu ne mangeras pas l’âme avec la chair. Tu n’en mangeras pas, tu le verseras sur la terre, comme de l’eau. Tu n’en mangeras pas, afin que tu prospères, toi et tes fils après toi, parce que tu auras fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel. Deutéronome 12:23-25

 

Il y a là un mystère, cette loi est encore une ‘hoq, dont le sens est voilé comme celle de la vache rousse, des mélanges interdits. On touche là au monde spirituel et les pratiques sataniques ont toujours utilisé le sang et la chair humaine comme moyen de transfert occulte de démons.

Ce commandement sera repris plus tard par les Apôtres lors de leurs recommandations aux Gentils convertis :

  Mais à l’égard de ceux des nations qui ont cru, nous en avons écrit, ayant décidé qu’ils n’ont rien de semblable à observer, si ce n’est qu’ils se gardent et de ce qui est sacrifié aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Actes 21:25

 

Les trois interdits sont liés ensemble, qui consomme du sang sera attiré par l’idolâtrie, puis pas l’impureté et vice versa, la prostitution spirituelle engendrant la prostitution physique :

  Ils offrent des sacrifices sur les sommets des montagnes, et font fumer de l’encens sur les collines, sous le chêne et le peuplier et le térébinthe, parce que leur ombre est bonne. C’est pourquoi vos filles se prostituent et vos belles–filles commettent l’adultère. Osée 4:13

 

Yéchoua va éclairer ce passage et Ses paroles paraîtront difficiles à comprendre pour certains :

  Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Jean 6:55-56

 

Paul nous donnera l’explication de ces paroles choquantes en apparence :

Car qui des hommes connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? Ainsi personne ne connaît les choses de Dieu non plus, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Mais nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu ; desquelles aussi nous parlons, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l’Esprit, communiquant des choses spirituelles par des moyens spirituels. Or l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement. Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses ; mais lui n’est discerné par personne ; 1 Corinthiens 2:11-15

Yéchoua le précisera encore :

C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien, les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie Jean 6:63

 

Cette ‘hoq, loi irrationnelle, nous interdisant de consommer du sang prend alors toute sa signification spirituelle car il est question de purifier nos esprits de toute idolâtrie, impureté sexuelle et occultisme qui plongent leurs racines dans les ténèbres des transgressions faites, consciemment ou pas. C’est grâce à Sa sainteté divine en qui « le prince de ce monde n’a rien » que nous pouvons recevoir le pardon pour tous les types de péchés et être délivrés de toute emprise démoniaque.

Il n’a jamais péché et le chapitre 4 de notre Paracha nous le confirme discrètement comme nous allons le voir avec le quatrième type de sacrifice.

Ce quatrième sacrifice est celui d’expiation, ‘hatat, חַטָּאת mot signifiant« manquer le but »

Il est offert en cas de péché involontaire commis par mégarde par un particulier, un chef, un roi, un responsable du Sanhédrin ou par le Cohen Gadol lui-même.

  Parle aux fils d’Israël, en disant, Si quelqu’un a péché par erreur contre quelqu’un des commandements de l’Eternel dans les choses qui ne doivent pas se faire, et a commis quelqu’une de ces choses…

Lévitique 4:2

 

Dans le chapitre consacré à ce sacrifice, le peuple entier est concerné et l’offrande apportée est liée au degré de responsabilité de celui qui apporte l’offrande.

 

Le Cohen Gadol est tenu d’apporter un sacrifice plus important et cela nous parle de la responsabilité du chef spirituel dont la faute rejaillit sur la communauté entière.

A la suite de chaque péché expié, que ce soit pour le peuple, le prince, le Sanhédrin, on retrouve cette phrase :

« Et le sacrificateur fera expiation pour lui et il lui sera pardonné » sauf dans le cas du Cohen Gadol pour lequel cette phrase n’est pas mentionnée.

 

Ici se dessine l’ombre du Cohen Gadol suprême Qui n’a jamais péché :

  Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui. 2 Corinthiens 5:21

 

 Nul n’est besoin de pardon pour Le Grand Sacrificateur Qui a été le sacrifice parfait Qui nous a accordé l’accès auprès du Père par le voile, c'est-à-dire Sa chair :

  Car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux, qui n’est pas journellement dans la nécessité, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple ; car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui–même. Hébreux 7 :26-27

 

Et c’est pourquoi Son sacrifice a été le don inestimable pour le rachat de nos âmes. Son sang efface les alliances mauvaises de sang que nous avons pu contractées par nos transgressions avec l’idolâtrie, l’impureté ou l’occultisme. Son sang nous redonne la vie !

Pour ce péché de ‘hatat, il devait être brûlé hors du camp comme Yéchoua a été sacrifié hors du camp…

Enfin le dernier sacrifice mentionné est celui de culpabilité, acham, אָשָׁם offert en cas de péché commis d’une façon involontaire ou par négligence. L’idée étant que même une erreur involontaire porte une part de responsabilité et qu’elle nécessite un pardon. Même ce péché nous a été pardonné par Son sacrifice :

  Et Yéchoua dit, Père, pardonne–leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort. Luc 23:34

 

Cette offrande était aussi apportée dans les cas suivants :

-          Deux cas de vol : 

Premièrement le crime de sacrilège contre une nourriture sacrée ou un objet sacré (5 :14). Le mot acham signifie d’après Nahmanide également désolation ou damnation comme dans le Psaume 5 :11 et Osée 13 :16 [1]

L’offense d’avoir tiré profit ou bénéfice d’un objet appartenant au Temple était jugée suffisamment grave pour qu’un sacrifice soit apporté en plus d’un cinquième de la valeur de l’objet en question.

Deuxièmement dans le cas du vol d’un bien ou de l’argent appartenant à autrui et le faux serment consécutif à ce vol.  Le sacrifice était apporté en plus d’un cinquième de la valeur de l’objet volé.

Par ces deux types de vol, le Seigneur montre qu’Il abhorre la rapine et le vol, reprenant les septièmes et huitièmes commandements.

Le vol dans le Temple, c’est aussi le vol et la rapine dans Son corps, lorsque la gloire de l’homme prend le pas sur le culte rendu à D.ieu et que la rivalité empêche la révélation de se répandre dans le peuple. C’est encore le vol qui rôde quand les offrandes sont retenues et ne permettent pas à la Parole d’être annoncée pleinement faute de moyens.

La première des choses que D.ieu a ordonnée avant les directives de la construction du Michkan, ce fut d’apporter une offrande, qui d’ailleurs Lui appartenait (voir Paracha Teroumah).

 

Les autres cas d’offrande de culpabilité sont :

- la faute commise avec une esclave cananéenne à moitié affranchie

- pour le nazir devenu impur

- pour le lépreux purifié de sa lèpre

 

Il y aurait tant de choses à dire sur ces sacrifices qui nous enseignent à L’adorer et nous indiquent le chemin du culte agréable à D.ieu :

 

Un temps pour l’adoration et la relation intime avec le Père, afin de laisser notre âme s’élever à Son contact et raviver la flamme de l’autel de notre vie jour et nuit…

 

Un temps pour apporter la modeste mais précieuse offrande de la confession de notre faiblesse et de notre « pauvreté » du moment…

 

Un temps pour le combat spirituel et pour proclamer qu’Il est venu détruire les œuvres du diable et qu’Il détient les clés du séjour des morts…

 

Un temps pour réparer les vols et les rapines déguisés dans le Corps du Seigneur…

 

Un temps enfin pour apporter des sacrifices de reconnaissance tous ensemble dans la présence du Prince de la paix, dans la joie d’un amour purifié par l’obéissance à Sa vérité où toute la gloire Lui revient ! Amen

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[1] La voix de la Thora Munk, Lévitique