וַיִּקְרָא
Va-Yiqra
Lévitique
1-5 fin
Haftarah :
Isaïe 43 :21- 44 :23 : La vanité des
idoles
L’Eternel appela, va-yiqra, וַיִּקְרָא Moshé,
et lui parla, de la tente d’assignation, disant, Lévitique
1:1
Genèse
nous annonçait la Création du monde et du peuple
juif. En Exode, le peuple est délivré et se constitue
en nation en recevant la Thora. Un Tabernacle est construit,
nous révélant la volonté divine. Le troisième
livre de Lévitique va maintenant nous parler de la sainteté requise
pour abriter Sa présence.
Moshé est
appelé par D.ieu pour commencer à enseigner aux Bné Israël les
lois complexes et mystérieuses des sacrifices. Ces sacrifices
occupent une place prépondérante dans le culte
rendu à D.ieu. Il était recommandé, dans
la tradition juive, de commencer l’enseignement de la
Thora aux enfants par le livre de Lévitique car la pureté et
la sainteté qui s’en dégagent produisent
un effet bénéfique sur leurs jeunes âmes.
Le
mot sacrifice en hébreu, qorban, קָרְבָּן vient
de la racine, qarov קרב qui
signifie « être proche ». Le sacrifice établit
un rapprochement entre D.ieu et l’homme et une réconciliation :
Beaucoup
plutôt donc, ayant été maintenant justifiés
par son sang, serons–nous sauvés de la colère
par lui. Car si, étant ennemis, nous avons été réconciliés
avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés,
serons–nous sauvés par sa vie. Romains 5:9-10
Nous
allons un peu étudier les différents sacrifices
dont il est question dans notre Paracha.
L’holocauste, olah, עֹלָה de
la racine signifiant «élever ». C’est
une offrande volontaire offerte quand un péché a été commis
en pensée ou involontairement. Selon les moyens financiers
le sacrifice pouvait être celui d’un bœuf,
d’un agneau, d’une chèvre, d’une
tourterelle ou d’un pigeon. Le plus pauvre pouvait
offrir à la place des animaux, une offrande de farine,
appelée min’ha.
Ce
sacrifice de olah est mentionné le premier
car il est supérieur à tous les autres, la
racine du mot « élevé » le
précise. D’autre part c’est un sacrifice
entièrement consumé par le feu (1 :9)
en raison de la contamination provoquée par les péchés
commis en pensée qui exigent un déracinement
total.
Yéchoua insistera
particulièrement sur la pureté de nos pensées :
Vous
avez ouï qu’il a été dit, Tu ne
commettras pas adultère. Mais moi, je vous dis que
quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis
adultère avec elle dans son coeur. Matthieu 5:27-28
Le
lieu de crucifixion de Yéchoua s’appelait
Golgotha, goulgolet en hébreu. Il signifie
le crâne, le siège des pensées.
Il
a toujours était dans l’intention de D.ieu de
nous donner la victoire sur nos pensées :
Car,
en marchant dans la chair, nous ne combattons pas selon la
chair ; car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles,
mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses,
détruisant les raisonnements et toute hauteur qui
s’élève contre la connaissance de Dieu,
et amenant toute pensée captive à
l’obéissance du Machia’h, 2 Corinthiens
10:3-5
Cette
victoire nous est donnée par la Thora, la Parole de
D.ieu gravée sur les tables de chair de nos cœurs par
la régénération de notre esprit :
Car
la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus
pénétrante qu’aucune épée
à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de
l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ;
et elle discerne les pensées et les intentions du coeur. Hébreux
4:12
Mise à part
l’offrande volontaire pour s’élever vers
D.ieu en purifiant les pensées, un holocauste était
offert matin et soir sur l’autel, d’une bonne
odeur à l’Eternel et aucune de ses parties n’était
consommée par les Cohanim, ce sacrifice étant
entièrement offert à D.ieu. Il rappelait le
sacrifice de Yits’haq qui, prophétiquement,
n’hésita pas à préfigurer Celui
Qui s’offrira jusqu’à la mort pour nous
donner la victoire afin que nous répandions à notre
tour la douce odeur de Sa connaissance….
Le
second sacrifice dont il est question dans la Paracha,
parle de l’offrande du plus pauvre. Il a l’honneur
d’occuper tout le second chapitre, c’est celui
de l’oblation de farine, min’ha, מִנְחָה.
Le min’ha est aussi un présent, un tribut
et les enfants d’Israël sont comparés à un
présent aux yeux de D.ieu :
Et
ils amèneront tous vos frères, d’entre
toutes les nations, en offrande, min’ha מִנְחָה à l’Eternel,
sur des chevaux, et sur des chars, et dans des voitures couvertes,
et sur des mulets, et sur des dromadaires, à ma montagne
sainte, à Jérusalem, dit l’Eternel, comme
les fils d’Israël apportent l’offrande dans
un vase pur à
la maison de l’Eternel.
Esaïe
66:20
La
quantité offerte correspondait à un dixième
d’épha, soit 1,8 kg, quantité
moyenne de consommation quotidienne. Lorsqu ‘un pauvre
offrait son sacrifice, c’était sa ration de nourriture
du jour qu’il offrait et c’était donc un jour
de jeûne pour lui ! C’est pourquoi cette offrande
occupe une place d’honneur et un chapitre entier. De plus,
double honneur, c’était la même que celle
offerte par le Cohen Gadol (Lévitique
6 :13 ou 20 suivant les versions) et
D.ieu nous enseigne par là que la repentir et l’élévation
sont accessibles à
tous sans acceptation de personnes :
Et
Pierre, ouvrant la bouche, dit, En vérité,
je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes,
mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui
pratique la justice, lui est agréable. Actes 10:34-35
Le
troisième sacrifice est le sacrifice rémunératoire, chlamim, שְׁלָמִים.
Ce mot est semblable à shalom, paix et shalem,
complet, payé. C’est l’expression de gratitude,
un voeu offert à D.ieu. Il est encore offert à
la fin d’une période de naziréat. Ces sacrifices étaient
censés apporter la paix dans le monde et devaient être
consommés en famille avec des invités car il ne
devait y avoir aucun reste. C’est une réjouissance
qui se célèbre dans la communion :
Et Chlomo se
réveilla, et voici, c’était un songe.
Et il vint à
Jérusalem, et se tint devant l’arche de l’alliance
de l’Eternel, et offrit des holocaustes, et offrit des
sacrifices de prospérités, chlamim שְׁלָמִים,
et fit un festin à tous ses serviteurs.
1
Rois 3:15
Et
il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la
paix à vous qui étiez loin et la bonne nouvelle
de la paix à ceux qui étaient près ;
Ephésiens
2:17
Et
que la paix du Machia’h, à laquelle aussi
vous avez été appelés en un seul corps,
préside dans vos coeurs ; et soyez reconnaissants.
Colossiens
3:15
Dans
le chapitre consacré au sacrifice de reconnaissance
il nous est également ordonné expressément
de ne jamais consommer ni sang ni graisse.
C’est
un statut perpétuel, en vos générations,
dans toutes vos habitations, vous ne mangerez aucune graisse
ni aucun sang.
Lévitique
3:17
La
graisse assoupit et endort le corps et le sang échauffe
ses passions. D’autre part la Parole nous dit que dans
le sang est l’âme de la créature et D.ieu
nous a donné l’autorité sur le corps
de l’animal pas sur son âme.
Seulement,
vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, (âme, nefech)
c’est–à–dire son sang ; Genèse
9:4
La
peine la plus dure est réservée à ceux
qui consomment le sang, celle de retranchement de l’âme, karet, כרת
Et
quiconque de la maison d’Israël ou
des
étrangers qui
séjournent au milieu d’eux, aura mangé de quelque sang
que ce soit, je mettrai ma face contre celui qui aura mangé du sang,
et je le retrancherai, hikhati הִכְרַתִּי du
milieu de son peuple ; car l’âme de la chair est dans le sang ;
et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation
pour vos âmes ; car c’est le sang qui fait propitiation pour
l’âme. Lévitique
17:10-11
Le
Seigneur reprend encore plus loin cette interdiction engendrant
des conséquences pour nos enfants :
Seulement,
tiens ferme à ne pas manger le sang, car le sang est
la vie ; et tu ne mangeras pas l’âme avec
la chair. Tu n’en mangeras pas, tu le verseras sur
la terre, comme de l’eau. Tu n’en mangeras pas,
afin que tu prospères, toi et tes fils après
toi, parce que tu auras fait ce qui est droit aux yeux de
l’Eternel. Deutéronome 12:23-25
Il
y a là un mystère, cette loi est encore une ‘hoq,
dont le sens est voilé comme celle de la vache rousse,
des mélanges interdits. On touche là au monde
spirituel et les pratiques sataniques ont toujours utilisé le
sang et la chair humaine comme moyen de transfert occulte
de démons.
Ce
commandement sera repris plus tard par les Apôtres
lors de leurs recommandations aux Gentils convertis :
Mais à l’égard
de ceux des nations qui ont cru, nous en avons écrit,
ayant décidé qu’ils n’ont rien
de semblable à observer, si ce n’est qu’ils
se gardent et de ce qui est sacrifié aux idoles, et
du sang,
et de ce qui est étouffé, et de la fornication.
Actes 21:25
Les
trois interdits sont liés ensemble, qui consomme du
sang sera attiré par l’idolâtrie, puis
pas l’impureté et vice versa, la prostitution
spirituelle engendrant la prostitution physique :
Ils
offrent des sacrifices sur les sommets des montagnes, et
font fumer de l’encens sur les collines, sous le chêne
et le peuplier et le térébinthe, parce que
leur ombre est bonne. C’est pourquoi vos filles se
prostituent et vos belles–filles commettent l’adultère.
Osée 4:13
Yéchoua va éclairer
ce passage et Ses paroles paraîtront difficiles à comprendre pour
certains :
Car
ma chair est en vérité un aliment, et mon
sang est en vérité un breuvage. Celui qui
mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi
en lui. Jean 6:55-56
Paul
nous donnera l’explication de ces paroles choquantes
en apparence :
Car
qui des hommes connaît les choses de l’homme,
si ce n’est l’esprit de l’homme qui est
en lui ? Ainsi personne ne connaît les choses
de Dieu non plus, si ce n’est l’Esprit de Dieu.
Mais nous, nous avons reçu, non l’esprit du
monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous
connaissions les choses qui nous ont été librement
données par Dieu ; desquelles aussi nous parlons,
non point en paroles enseignées de sagesse humaine,
mais en paroles enseignées de l’Esprit, communiquant
des choses spirituelles par des moyens spirituels. Or l’homme
animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit
de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les
connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement.
Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses ;
mais lui n’est discerné par personne ;
1 Corinthiens 2:11-15
Yéchoua le
précisera encore :
C’est
l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de
rien, les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et
sont vie Jean 6:63
Cette ‘hoq,
loi irrationnelle, nous interdisant de consommer du sang
prend alors toute sa signification spirituelle car il est
question de purifier nos esprits de toute idolâtrie,
impureté sexuelle et occultisme qui plongent leurs
racines dans les ténèbres des transgressions
faites, consciemment ou pas. C’est grâce à Sa
sainteté divine en qui « le prince de ce
monde n’a rien » que nous pouvons recevoir
le pardon pour tous les types de péchés et être
délivrés de toute emprise démoniaque.
Il
n’a jamais péché et le chapitre 4 de
notre Paracha nous le confirme discrètement
comme nous allons le voir avec le quatrième type de
sacrifice.
Ce
quatrième sacrifice est celui d’expiation, ‘hatat, חַטָּאת mot
signifiant« manquer le but »
Il
est offert en cas de péché involontaire commis
par mégarde par un particulier, un chef, un roi, un
responsable du Sanhédrin ou par le Cohen Gadol lui-même.
Parle
aux fils d’Israël, en disant, Si quelqu’un
a péché par erreur contre quelqu’un des
commandements de l’Eternel dans les choses qui ne doivent
pas se faire, et a commis quelqu’une de ces choses…
Lévitique
4:2
Dans
le chapitre consacré à ce sacrifice, le peuple
entier est concerné et l’offrande apportée
est liée au degré de responsabilité de
celui qui apporte l’offrande.
Le Cohen
Gadol est tenu d’apporter un sacrifice plus important
et cela nous parle de la responsabilité du chef
spirituel dont la faute rejaillit sur la communauté entière.
A
la suite de chaque péché expié, que
ce soit pour le peuple, le prince, le Sanhédrin, on
retrouve cette phrase :
« Et
le sacrificateur fera expiation pour lui et il lui sera pardonné » sauf
dans le cas du Cohen Gadol pour lequel cette phrase
n’est pas mentionnée.
Ici
se dessine l’ombre du Cohen Gadol suprême
Qui n’a jamais péché :
Celui
qui n’a pas connu le péché, il l’a
fait péché pour nous, afin que nous devinssions
justice de Dieu en lui. 2 Corinthiens 5:21
Nul
n’est besoin de pardon pour Le Grand Sacrificateur
Qui a été le sacrifice parfait Qui nous a accordé l’accès
auprès du Père par le voile, c'est-à-dire
Sa chair :
Car
un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent,
sans souillure, séparé des pécheurs,
et élevé plus haut que les cieux, qui
n’est pas journellement dans la nécessité,
comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices,
d’abord pour ses propres péchés, ensuite
pour ceux du peuple ; car cela, il l’a fait une
fois pour toutes, s’étant offert lui–même.
Hébreux 7 :26-27
Et
c’est pourquoi Son sacrifice a été le
don inestimable pour le rachat de nos
âmes. Son sang efface les alliances mauvaises de sang que nous avons
pu contractées par nos transgressions avec l’idolâtrie,
l’impureté ou l’occultisme. Son sang nous redonne la vie !
Pour
ce péché de ‘hatat, il devait être
brûlé hors du camp comme Yéchoua a été sacrifié hors
du camp…
Enfin
le dernier sacrifice mentionné est celui de culpabilité, acham, אָשָׁם offert
en cas de péché commis d’une façon
involontaire ou par négligence. L’idée
étant que même une erreur involontaire porte une part de responsabilité et
qu’elle nécessite un pardon. Même ce péché nous
a été pardonné par Son sacrifice :
Et Yéchoua dit,
Père, pardonne–leur, car ils ne savent ce
qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements,
ils tirèrent au sort. Luc 23:34
Cette
offrande était aussi apportée dans les cas
suivants :
- Deux
cas de vol :
Premièrement
le crime de sacrilège contre une nourriture sacrée
ou un objet sacré (5 :14). Le mot acham signifie
d’après Nahmanide également désolation
ou damnation comme dans le Psaume
5 :11 et Osée 13 :16
L’offense
d’avoir tiré profit ou bénéfice
d’un objet appartenant au Temple était jugée
suffisamment grave pour qu’un sacrifice soit apporté en
plus d’un cinquième de la valeur de l’objet
en question.
Deuxièmement
dans le cas du vol d’un bien ou de l’argent appartenant à autrui
et le faux serment consécutif à ce vol. Le
sacrifice était apporté en plus d’un
cinquième de la valeur de l’objet volé.
Par
ces deux types de vol, le Seigneur montre qu’Il abhorre
la rapine et le vol, reprenant les septièmes et huitièmes
commandements.
Le
vol dans le Temple, c’est aussi le vol et la rapine
dans Son corps, lorsque la gloire de l’homme prend
le pas sur le culte rendu à D.ieu et que la rivalité
empêche la révélation de se répandre
dans le peuple. C’est encore le vol qui rôde quand
les offrandes sont retenues et ne permettent pas à la
Parole d’être annoncée pleinement faute de
moyens.
La
première des choses que D.ieu a ordonnée avant
les directives de la construction du Michkan, ce fut
d’apporter une offrande, qui d’ailleurs Lui appartenait
(voir Paracha Teroumah).
Les
autres cas d’offrande de culpabilité sont :
-
la faute commise avec une esclave cananéenne à moitié affranchie
-
pour le nazir devenu impur
-
pour le lépreux purifié de sa lèpre
Il
y aurait tant de choses à dire sur ces sacrifices
qui nous enseignent à
L’adorer et nous indiquent le chemin du culte agréable à D.ieu :
Un
temps pour l’adoration et la relation intime avec le
Père, afin de laisser notre âme s’élever à Son
contact et raviver la flamme de l’autel de notre vie
jour et nuit…
Un
temps pour apporter la modeste mais précieuse offrande
de la confession de notre faiblesse et de notre « pauvreté » du
moment…
Un
temps pour le combat spirituel et pour proclamer qu’Il
est venu détruire les
œuvres du diable et qu’Il détient les clés du séjour
des morts…
Un
temps pour réparer les vols et les rapines déguisés
dans le Corps du Seigneur…
Un
temps enfin pour apporter des sacrifices de reconnaissance
tous ensemble dans la présence du Prince de la paix,
dans la joie d’un amour purifié par l’obéissance à Sa
vérité où toute la gloire Lui revient !
Amen
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nos enseignements sans autorisation.
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