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Adonaï é’had

 

            Il est bon dès le commencement de l’étude de la Torah d’aborder les thèmes de réflexion essentiels comme celui de la pluralité de Elohim. Hakadoch baroukh Hou, Le Saint Béni soit- Il, tout comme Sa Parole, la Torah, ne sont pas des mystères dont on  doit percer les secrets, mais sont des concepts comprenant des dimensions dont l’intellect de l’homme n’est tout naturellement pas doté pour pouvoir les comprendre .

 

            Les principes de fonctionnement de ces concepts, ainsi que leurs apparences divines ne sont pas du ressort de l’homme qui ne saurait pas quoi en faire.

            Lors de l’étude de la Thora, la pensée hébraïque qui est nécessaire pour obtenir les révélations qui nous sont destinées sur un sujet précis, à un  moment précis, et dans une situation précise, entre en conflit avec la pensée rationnelle «grecque» qui veut et qui doit tout comprendre.

 

            C’est ce sentiment de frustration de ne pas pouvoir tout comprendre parce qu’ils n’observaient pas les commandements de la Torah, mêlé d’antijudaïsme, qui à poussé les promoteurs de l’Eglise des premiers siècles de l’ère chrétienne, à développer des théories sur la pluralité de D.ieu, faisant appel aux croyances païennes dont ils étaient issus pour imposer leur domination, fournissant ainsi au nouveau phénomène spirituel naissant, de fausses directions. La théologie de la trinité de D.ieu est une des plus connues de ces fausses cibles.

 

            Cette pensée hébraïque tire son origine d’Avraham l’hébreu, le révélateur du D.ieu Unique,  qui avait eu la grâce de connaître dix générations successives de ses aïeux et d’être contemporain de Noa'h pendant plus de 50 ans, Noa'h qui lui-même avait connu sept de ses  ascendants  jusqu’à Enoch, petit fils d’Adam qui quant à lui avait rencontrer le Créateur. Peut on s’imaginer la richesse des conversations de ces générations et la multitude d’informations qu’elles pouvaient drainer sur la création et le Créateur?

             

            Cette mémoire collective vivante resta orale jusqu’à Moshé à qui D.ieu demanda d’écrire Sa Parole, Sa Torah. Et il fut dicté à Moshé le plus important des credo de la pensée hébraïque qui se répète trois par jour toute la vie du pratiquant de la Torah, de sa naissance à sa mort : Shema Israël Adonai Eloheinou, Adonaie é'had, une phrase comportant des singuliers et des pluriels à la fois et proclamant l’unité de D.ieu.

 

            C’est bien là le propre de la pensée hébraïque, admettre de la part du Créateur de toutes choses, des voies incompréhensibles.

Romains 11:33  O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles !

 

            A la réception de la Torah, le peuple s’était engagé en disant : nous ferons et nous écouterons :

Exode 24:7  Il prit le livre de l’alliance et le lut au peuple ; ils dirent : Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons et nous l’écouterons.

 

            Cet état de cœur reflète ce que D.ieu nous demande: agir inconditionnellement en faveur de Ses prescriptions sans chercher à s’expliquer les intentions de D.ieu, qui de toute façon agissent toujours en faveur de ceux qui Le cherche.

 

            La deuxième des Dix Paroles ordonne de ne pas se faire de représentation de D.ieu d’aucune sorte, et nous pouvons inclure les représentations intellectuelles et théologiques.

 

            C’est ce qu’on fait ceux des Hébreux fidèles aux commandements tout au cours des ages, les rois, les juges et même les prophètes qui avertirent de la venue du Machia’h. Aucun d’entre ceux qui désiraient rester fidèles aux commandements de la Torah ne tenta de donner une description du D.ieu d’Avraham, de Yist’haq et de Yaakov, mais ils ne firent qu’en décrire les attributs : Son Amour, Sa Grâce, Sa Justice, Sa Miséricorde, Son Omniprésence etc.….

            Même la venue de Yéchoua, le Messie d’Israël, ne doit pas modifier cette acceptation des voies incompréhensibles et imprévues de D.ieu.

 

            La notion de père et fils doit être révisée dans sa compréhension occidentale, le Machia’h est ben Elohim mais il n’y a pas là deux générations : celle du père et celle du fils comme dans une filiation physique, Ils sont tout deux lé Holam va ed, de toute éternité.

 

            Le mot ben évoque plutôt l’un des aspects d’un ensemble, comme les b’nei Israël (les fils d’Israël) représentent Israël chacun individuellement, dans son ensemble.

 

            Le Machia’h Yéchoua est d’essence divine, Il est cet aspect de D.ieu, qui doit par Son sacrifice racheter l’humanité. S’Il n’est pas divin, Son sacrifice n’est d’aucune utilité, s’Il n’est pas divin, qui est- Il ? Un surhomme, un demi dieu comme dans la mythologie grecque ? S’Il n’était qu’un homme, comment aurait-Il pu être offert en sacrifice ? Les sacrifices humains sont –ils autorisés dans la Bible ? L’histoire de Jephté et de sa fille nous enseigne le contraire.

 

            Les premiers croyants avaient bien su reconnaître que c’était parce que D. ieu S’était manifesté dans la personne de Yéchoua que le monde était entré dans l’ère de grâce promis par les prophètes. Imprégnés de la pensée hébraïque, ils ont su reconnaître les signes caractéristiques du concept juif de Messie, Oint et Sauveur.

Luc 7 :20-22  Arrivés auprès de Jésus, ils dirent: Jean Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?A l’heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d’infirmités, et d’esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles. Et il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

 

            Ces signes ils les connaissaient des multiples passages de la Torah et des prophètes dans lesquels il est question de LUI :

Esaïe 61:1-3   L’esprit du Seigneur, l’Eternel, est sur moi, Car l’Eternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance; Pour publier une année de grâce de l’Eternel, Et un jour de vengeance de notre Dieu; Pour consoler tous les affligés; Pour accorder aux affligés de Sion, Pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, Une huile de joie au lieu du deuil, Un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu, Afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice, Une plantation de l’Eternel, pour servir à sa gloire.

 

            Aux cours de son ministère terrestre Yeshoua n’a cessé d’ajouter des confirmations de sa déité, que ses disciples ont bien notées. La notion de ben Elohim, fils de D.ieu était bien comprise des Israélites, et d’après les prophètes ils savaient bien qu’ils devaient s’attendre à une manifestation divine incarnée.

Esaïe 9:6  (9:5) Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Il a la souveraineté sur son épaule ; on l’appelle du nom de Conseiller étonnant, Dieu–Héros, Père éternel Avi ad, Prince de paix.

 

            Dans cette déclaration, Esaïe expose clairement ce concept de fils ou d’extension de D.ieu le Père qui a été donné pour notre salut. Mais il est évident qu’il est difficile d’accepter un tel phénomène spirituel, et même les témoins oculaires des actes de Yéchoua, avaient encore besoin de signes pour accepter sa déité :

Jean 20:27-28  Puis il dit à Thomas, Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets–la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant. Thomas répondit et lui dit, Mon Seigneur et mon Dieu !  

 

            Une autre notion déformée par les traductions et la conception trop rationnelle de la parole de D.ieu,  est l’expression assis à la droite de D.ieu

Luc 22:69  Désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu.

 

            Cette expression ne signifie pas que dans le ciel, il y a plusieurs trônes placés l’un à coté de l’autre. La droite, Yamin représente la midat ‘Hessed la mesure de Grâce, et la gauche, smol représente la midat Din, la mesure de Justice.

 

            Lors de la naissance du dernier fils de Yaakov, Ra’hel  mourante nomme son fils Ben Oni qui veut dire fils de ma punition , mais Yaakov le nomme Ben Yamin fils de la droite. De quelle droite s’agit-il ?  

Genèse 35:18  Et comme elle allait rendre l’âme, car elle était mourante, elle lui donna le nom de Ben-Oni; mais le père l’appela Benjamin.

 

            Le fils de la droite représente le fils attribué par la Grâce de D.ieu à Yaacov. Yéchoua n’est pas assis à la droite de D.ieu mais Il occupe la  position de Grâce, Il EST l’attribut de Grâce qui est rattaché au père, tout comme les branches sont rattachées au tronc formant ensemble l’arbre.

Yéchoua est la Grâce personnifiée :

Tite 2:11   Car elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les humains

 

            La traduction non adaptée du mot grec assis, a alimenté les différents concepts de la pluralité de D.ieu, mais ne nous y trompons pas, Yéchoua S’exprimait en hébreu avec Ses disciples. Le mot grec signifie être assis mais également demeurer, habiter. Yéchoua demeure auprès du Père tout comme la divinité demeure en Yéchoua.

Colossiens 2:9  car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement ;

 

            La Thora est claire :

Shema Yisra-El, adona¨éloheinou, Adonaï é’had !

 

A la fin de toutes choses, Il retournera dans le Père d’où Il est sorti :

1 Corinthiens 15:24  Ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à celui qui est Dieu et Père, après avoir réduit à rien tout principat, toute autorité, toute puissance.

1 Corinthiens 15:28  Et lorsque tout lui sera soumis, alors le Fils lui–même se soumettra à celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous.

 

            Yéchoua ne sera pas un simple grand –frère, se réjouissant avec nous de la Présence éternelle d’Hashem, Il sera un avec le Père. Il est la mesure de grâce, la Droite du Père et quand nous prions le Père, au Nom de Yéchoua, nous invoquons la grâce sur nos vies et L’implorons au nom de cette grâce.

 

            Un de toute éternité, Il est un avec le Père, car Il est la composante de grâce du Père. Le Père est composée de la midat din, jugement et de la midathessed, grâce, miséricorde mais ne nous y trompons pas : Hashem est UN !

 

Shema Yisra-El, adona¨éloheinou, Adonaï e’had !

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Gilbert et Sabrina Suard copyright ©2005/ 5766 Tous droits réservés